Le régime paléolithique

12 Sep 2018 0 commentaire blooness Categories Par où commencer

Le régime paléo est un régime alimentaire ancestral composé d’aliments et de plats que les hommes vivant à l’époque du Paléolithique (Homo habilis, homo erectus, puis homo sapiens) auraient pu consommer, et composés principalement de protéines, de végétaux et d’oléagineux. Il s’agit donc d’aliments que seule la nature peut nous fournir, sans aucune transformation industrielle, ni additifs, ni conservateurs, ni quoique ce soit d’autre.

Note : cet article constitue l’un des chapitres du Guide de l’alimentation Blooness, un guide destiné à réunir les ingrédients de l’alimentation idéale pour le genre humain.

 

Le postulat de départ du régime paléo

Les partisans de ce régime considèrent que le métabolisme humain n’aurait pas encore eu le temps de s’adapter à la plupart des aliments issus de la révolution néolithique (apparition de l’agriculture et de l’élevage), et assimilerait ainsi mal les céréales, les légumineuses et les produits laitiers.

Ceci serait, toujours selon eux, la cause du développement de l’obésité, des maladies cardiaques et du diabète. Ils préconisent donc un retour à l’alimentation qui prévalait au Paléolithique. L’exclusion totale des céréales fait de lui un régime sans gluten.

L’origine du régime paléo

On attribue la création du régime paléo au radiologue Stanley Boyd Eaton, qui en 1985, publie avec l’anthropologue Melvin Konner, un article intitulé « Paléolithic Nutrition », dans le « New England Journal of Medicine ».

« La fréquence des mutations spontanées de l’ADN du noyau cellulaire est de l’ordre de 0,5 % par million d’années. Nos gènes sont donc très proches de ceux de nos ancêtres du Paléolithique, il y a 40 000 ans.
Ce qui a changé, c’est notre alimentation, avec l’avènement de l’agriculture il y a 10 000 ans, et surtout la révolution industrielle.
Nous ne sommes plus adaptés génétiquement au mode alimentaire actuel. L’alimentation paléolithique ou pré-agricole peut donc être considérée comme un modèle pour la nutrition moderne. »
Dr S. Boyd Eaton

En d’autres termes, cette théorie reprise ensuite par plusieurs anthropologues et auteurs à succès, suggère que des syndrômes métaboliques et certaines maladies de civilisation telles que l’hypertension, l’obésité, le cholestérol, différents cancers et le diabète de type 2 résulteraient en partie de l’inadéquation entre le mode de vie commun des pays développés et celui pour lequel le génome humain a été initialement sélectionné par sélection naturelle au cours de l’âge de pierre.

Pour schématiser à l’extrême, notre corps n’aurait pas encore eu le temps de s’adapter à la révolution agricole, datant d’il y a 10 000 ans, sans parler de la révolution industrielle, beaucoup plus récente, et à l’impact encore plus important.

 

Les effets bénéfiques sur la santé

Les différentes études scientifiques sont globalement arrivées à des conclusions communes : les effets d’une diète paléolithique bien menée seraient bénéfiques sur la totalité des facteurs de risques de maladies cardiovasculaires et sur l’insulino-résistance.

https://vimeo.com/57311606

Tous les marqueurs de risques ont été améliorés dans les études cliniques randomisées : poids, tour de taille, protéine C-réactive, hémoglobine glyquée, pression artérielle, tolérance au glucose, sécrétion d’insuline, sensibilité à l’insuline et profil lipidique.

A Paleolithic diet confers higher insulin sensitivity, lower C-reactive protein and lower blood pressure than a cereal-based diet in domestic pigs.

Source.

Empiriquement, les pratiquants de ce type de régime considéré comme absolument naturel évoquent également une sensation de satiété (probablement lié au fort apport en protéines et en bonnes graisses), et de bien-être (qu’on pourrait relier à la consommation en oméga-3 et en légumes efficaces pour le transit intestinal), sans qu’il soit possible de mesurer scientifiquement ces témoignages.

 

Les nutriments du régime paléo

1) Beaucoup de protéines

Le régime paléo est basée en grande partie sur un apport conséquent en protéines d’origine animale : viande, oeufs, poissons, fruits de mer.

Donnée importante : les animaux consommés doivent avoir été nourris à l’herbe et non aux céréales, car leurs tissus musculaires seraient ainsi plus riches en oméga-3.

 

2) Un apport conséquent en graisses

Les partisans de ce régime recommandent la consommation de graisses mono et polyinsaturées, en privilégiant les ingrédients riches en omega-3, au bénéfice des omega-6 et des acides gras saturés.

On en trouve notamment dans l’huile d’olive, les petits poissons gras ainsi que dans les oléagineux : amandes, noix de cajou, noix de Pécan, noix de Macadamia, noisettes, etc…

 

2) Un apport modéré en fibres

Et il s’agit de fibres qui trouvent leur source dans les fruits et légumes, et surtout pas dans les céréales ou les féculents, qui datent quant à eux de l’ère agricole.

 

3) Un apport faible en glucides

La seule seule source de sucre des chasseurs-cueilleurs étaient les fruits, les racines et tubercules et les baies. Le régime recommande ainsi la consommation abondante de légumes et de fruits pauvres en glucides (concombre, courgette, tomate, épinard), qui doivent constituer la principale source de glucides.

En ce sens, le régime paléo s’apparente ainsi au régime low-carb, puisqu’il autorise une consommation relativement faible de glucides, à condition que ce soit des glucides de qualité, et non des glucides issus du sucre raffiné, du lait ou d’autres aliments transformés.

 

Les aliments à exclure

  • Les produits laitiers
  • Les céréales
  • Le gluten
  • Les légumineuses
  • Les huiles sauf l’huile d’olive
  • Le sucre raffiné
  • Les produits transformés
  • L’alcool et le café

 

Les inconvénients et critiques

La méconnaissance du mode de vie préhistorique

Les détracteurs de ce type d’alimentation prétendent qu’il nous est impossible de connaître précisément le régime paléolithique, puisque l’alimentation à cette époque a subi de grandes évolutions et était dépendante de trop de facteurs (climat, saisons, disponibilité de la nourriture, régions, etc…).

De plus, l’homme paléolithique n’avait pas le même mode de vie que nous. Vouloir singer leur alimentation serait une démarche naïve et simpliste.

Enfin, toujours selon les détracteurs de cette diète, l’ère paléolithique s’étend de -3 millions d’années à -10 000 ans. Dégager un type d’alimentation sur une période aussi longue serait selon les paléo-sceptiques impossible, sans parler des aliments paléo-friendly qui sur cette période-là étaient différents et en évolution perpétuelle par rapport aux aliments disponibles aujourd’hui.

 

Les carences en calcium et le trop-plein de viande

Les détracteurs de la diète paléo invoquent également la possible carence en calcium, et la proéminence de viande rouge, qui serait néfaste pour la santé.

En outre, il est rapporté que ce régime pourrait entraîner un apport insuffisant en vitamine D, laquelle influence plus de 200 gènes, aurait une action de réparation de l’ADN, et pourrait avoir un effet bénéfique dans plusieurs maladies comme le diabète, certains cancers et l’épilepsie.

 

En conclusion

En prenant en compte les critiques adressées au régime paléolithique, et en gardant ce dont on est sûr en termes de bienfaits, on peut aisément conclure qu’une alimentation riche en fruits et légumes, sources de vitamines et d’antioxydants, sur la prévention des cancers, de l’hypertension, de l’ostéoporose sont avérés.

De même, une consommation accrue d’aliments riches en oméga-3 (poissons gras, huiles de colza ou de noix, noix, légumes verts à feuilles) a été associée à une diminution du risque de maladies cardiovasculaires.

Ensuite, il est avéré que la consommation trop importante en glucides issues des céréales ou du sucre raffiné sont associés à une prise de poids et à une sensibilité accrue à l’insuline, donc un risque plus grand de diabète de type II.

S’il est évident qu’on ne dispose pas assez de recul pour mesurer les bienfaits du régime paléolithique sur le long terme, il est évident qu’une alimentation inspirée de ce régime, basée sur une diminution des glucides, un apport en glucides de qualité, une consommation de viandes de qualité et de légumes, ainsi qu’un bannissement des produits industriels transformés, ne peut être que bénéfique à la fois sur le plan de la santé, que sur le plan diététique et même gustatif.

Toutefois, il faut prendre en compte les inconvénients de cette diète afin de l’adapter et la rendre la plus complète possible pour la santé.

Ainsi, on peut facilement combler les carences supposées en vitamine D dans le régime paléo. On en trouve facilement sous forme de compléments alimentaires, dans l’huile de foie de morue, le saumon, les anchois, le thon, les champignons et les œufs.

La plupart des nutritionnistes recommandent ainsi de suivre quelques principes qui président à ce régime, sans forcément le suivre à la lettre, et tout en se rapprochant du régime méditerranéen, qu’on pourrait associer à l’alimentation des Zones Bleues, et qui pourrait en être sa version moins draconienne, et plus équilibrée.

 

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